Deuxième semaine d'un procès hors normes dans le secteur aérien.
5 avril 2026

 
 
 
Des face-à-face multiples.
 

Par Léo Barnier

Journaliste aéronautique civile et transports à La Tribune.


Voilà onze jours que le procès de l’accident de l’AF447 s’est ouvert. Cette deuxième semaine a été marquée par l'écoute des enregistreurs de vol, faisant revivre les dernières minutes du vol à travers les voix de l'équipage aux prises avec une situation qu'il ne comprenait pas et un avion qu'il ne contrôlait bientôt plus. Mais ces derniers jours ont été aussi ceux où les accusés, Airbus et Air France, ont commencé à mettre en place leur défense. D’abord très discrets, voire effacés, leurs avocats ont pris la parole avec davantage de force, témoins et même vidéos à l’appui.

Il en faudra sans doute plus pour convaincre la présidente de l’audience, l’expérimentée juge Sylvie Daunis, et ses deux assesseurs. Mais il reste encore du temps avant le verdict, prévu le 8 décembre. Et il ne sera pas de trop au vu de la densité du dossier, sa technicité et parfois les contradictions d’un témoin à l’autre. Pendant ce temps, les parties civiles continuent à porter leurs voix, appuyant sur les points qui font mal à Airbus (surtout) et Air France par l’intermédiaire de leurs avocats, et parfois n’hésitant pas à montrer directement leur mécontentement devant certains témoignages. 

Et ce procès a aussi pris une nouvelle dimension. Davantage que le procès d’Air France et d’Airbus, c’est aussi devenu celui du secteur aéronautique et de ses rouages lents à mettre en route. Entendue en tant que témoin, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) s’est vue prise à partie pour son manque de réactivité face aux incidents qui ont précédé le drame de l’AF447 et ses 228 victimes. Il en sera peut-être de même pour l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) la semaine prochaine.


- La défense d'Airbus : l'avionneur pointe les incohérences des pilotes de l'AF447

- Les stratégies de défense : Airbus et Air France

- La juge : Sylvie Daunis décide de diffuser l'enregistrement sonore des dernières minutes du vol 

- (Re)lire Les faits : Le procès du Rio-Paris s’ouvre pour Air France et Airbus : ce qu'il faut savoir sur le crash de l'AF447

- (Re)lire les articles de la première semaine

Bonne lecture,

Léo Barnier.

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Procès Rio-Paris : la défense d'Airbus et d'Air France a du mal à passer
 
 
LE CHIFFRE
 
54 secondes

Le dernier moment intervient à 2h10m51, au moment où l'alarme Stall se met à retentir en continu (pour 54 secondes). L'avion n'a pas encore décroché et Airbus affirme que la récupération est possible.

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LA PHRASE
 
« Si les choses étaient si claires, c'est donc que les pilotes étaient très mauvais ? »


...questionnent les avocats des parties civiles
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Le rôle de la DGAC EN QUESTION
 
 
Cause première ou non de l'accident de l'AF447, le givrage des sondes a joué un rôle indéniable dans l'enchaînement dramatique qui a conduit au crash de l'Airbus A330 d'Air France dans l'Atlantique Sud en 2009. L'autorité française de l'aviation civile, la DGAC, était pourtant au courant de la multiplication de ce type d'évènements dans les mois qui ont précédé l'accident. A l'occasion du procès, 13 ans plus tard, son manque de réaction de l'époque pose question.
 

Retrouvez la semaine prochaine, dans vos boîtes e-mails, la suite du procès.

 

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